Pourquoi un B&B&Work

Elsa des champs

Wi-Fi sécuriséBien sur il y a du WIFI, bien sur gratuit et plutôt bon, un peu partout dans la maison et les Jardins (25 down, 1 up, hotspot 811N, 300mbs, bientôt le double en débit et 811 A/C…

Traduction : du Wifi de bonne qualité, qui ne « bombarde pas » en permanence mais régule sa puissance, sans avoir a lutter contre d’autres réseaux, donc bien loin en dessous des puissances pratiquées en ville.

Et comme il y avait la place de faire un espace de travail partagé, un « co-working space », ouverts aux voisins entrepreneurs, associations, joueurs, consultants etc, mais bien sur aussi à nos hôtes.LOgo Le Relais Vert foncé

Dès décembre 2014 au Relais SML, mais vous pouvez déjà venir travailler les mardis et jeudis, aux Jardins du Village, de 13 à 18h.

Pourquoi ? La principale leçon qui vous saute à la figure lorsque vous réalisez un bassin naturel, c’est qu’il est non seulement vain mais contre nature de chercher à formater, à standardiser les choses. Avec le recul, je réalise le temps perdu, 3 années durant, à tenter de maintenir stérile une piscine hors sol (à l’oxygène bien sûr pas au… beuark… »Chlore »).

Un fluide porteur de vie, l’eau, au milieu d’un jardin, interdit de vie ?

C’est en laissant la vie s’exprimer dans toute sa diversité qu’elle s’équilibre, qu’elle trouve son harmonie. Depuis que j’ai lâché prise et laissé faire la vie, fini les déséquilibres, les crises d’algues vertes, les suicides massifs de guêpes et d’abeilles, les chauve-souris volant de travers après avoir bu une eau sans aucune vie.

C’est le jardin dans son ensemble qui a gagné en harmonie, et pas juste le bassin.

Ce projet de B&B&Work part du même constat sur plus de 20 ans à monter des réseaux humains, des réseaux économiques, des réseaux de petites, parfois toutes petites entreprises : il est aberrant de chercher à standardiser les métiers, les postes, les profils de poste. Tout cela ne contribue qu’à calcifier un peu plus notre société, tel un corail, qui prend de l’âge et se rigidifie. A chaque cycle (de saison pour le corail, économique pour notre société), celle-ci perd un peu plus de sa capacité d’adaptation à des micro-changements locaux qui sont pourtant les bases de l’édifice. Un jour, tout s’effondre sous son propre poids, une fois la masse critique atteinte, au mieux lors d’une crise majeure, au pire… Babylone s’effondre.

On peut même lire de vieux ronchons :

Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes gens méprisent les lois, parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.

PlatonRépublique, VIII, 562b-563e.

La Guinguette Éphémère Dans les Jardins  - http://parenthesedejour.com/

Et pourtant, réinventer, recomposer ce qui semble écrit, explorer l’inconnu, c’est vivre. Même des palettes industrielles peuvent se réinventer, se recomposer, devenir un lieu de fête, revenir à l’état sauvage, se fondre dans un jardin.

On s’étonne souvent des performances du secteur touristique en France : parmi les toutes premières destinations mondiales, première industrie nationale suivant tous les critères, à tous les niveaux de gamme, des records d’emplois, de nombre d’entreprises… de diversité. C’est cette diversité, cette non-standardisation qui fait le charme de nos villages, de nos maisons d’hôtes, des petits restaurant de passionnés, d’endroits UNIQUES, singuliers. C’est pour cela qu’une partie de nos nuitées est allée, cet été, au Mouvement des Colibris, pour son formidable travail de mise en réseau des initiatives positives. Une autre partie est allée à l’Institut Jane Goodall, parce qu’en l’écoutant, il devient évident que nous sommes, comme tous nos cousins grands singes, comme n’importe quelle espèce animale ou végétale, fondamentalement dépendants de l’harmonie avec notre biotope.

Je ne suis qu’un grand singe mais je sais une chose : comprendre que nos cousins, proches ou éloignés, ont besoin de notre aide, la leur donner, c’est déjà prendre soin de nous même en tant qu’espèce. C’est pour cela que je contribue à des financements participatifs tels VinoCircus, le Labo des initiatives Citoyennes d’On Passe à l’Acte, ou encore au Bourgeon Mobile : si mon « biotope » va bien, je vais bien.

Beaucoup l’ont compris, et particulièrement une nouvelle génération d’entrepreneurs, porteurs d’une sorte de gène mutant entrepreneurial ayant connu jeune, l’immensité du potentiel des jeux en réseaux. Aujourd’hui, beaucoup continuent à « jouer », à faire, à oser, à prendre des paris pour passer au niveau suivant, à prendre des risques, mais dans la sécurité d’un réseau social et économique harmonieux, un filet de sécurité. La diversité des projets n’a jamais été telle. Le financement participatif est une innovation majeure qui implique que, pour être lancé, un projet ait déjà son public : Une sorte de contrôle de cohérence en amont. Dès la recherche de financement, le projet se construit en interaction directe avec son / ses publics, se corrige, évolue et évite de nombreux risques qui ne sont donc plus un prétexte à des intérêts bancaires 🙂

C’est le concept même de concurrence qui s’effrite, laissant place à des formes beaucoup plus essentielles de collaboration, et pourtant tout se recompose sur des bases connues : entrez dans le Grand Bazar d’Istambul, visez le quartier des babouches, asseyez-vous à la première échoppe venue et demandez des babouches rouges en 45. On vous les trouvera, chez les voisins s’il le faut. Cultiver la diversité de son biotope économique, une génération d’entrepreneurs différents, des mutants qui ont le gène réseau superactivé, un territoire fourmillant d’idées et de réseaux humains depuis des siècles : tout est en place pour une nouvelle hypothèse d’économie durable, solidaire, coopérative.

C’est pour cela qu’il me semble urgent d’ouvrir un espace de travail collaboratif : internet, Facebook et autres réseaux sociaux nous ont donné une formidable leçon cette dernière décennie : c’est dans l’échange que se crée la richesse, la vraie.

Ouvert à tous les publics, du gamer noctambule au touriste en visite, de l’entrepreneur du village au consultant de passage, cet espace aura pour vocation d’être un bassin de ressources, un lieu d’échanges de savoirs et de savoir-faire et ce, dès sa mise en œuvre cet automne. Comme a très bien su le faire percolab à Montréal, à l’initiative de l’espace coopératif « ecto ». En septembre et octobre, le modèle de gouvernance et d’affaire sera co-créé et publié sous creative commons afin que la démarche puisse bénéficier à d’autres. Vous souhaitez participer à un stade ou un autre : bienvenue

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