Démission citoyenne versus Economie collaborative

J’ai fait plusieurs réunion du type “Relocalisons notre économie” à la maison, des semaines “changeons de vie”, pour aller visiter différents types d’hébergements autour du Pic, avec des amis / hôtes en quête de projets.atelier colibris relocaliser l'économie

Les associations ont leurs limites mais, disposant d’un local adjacent à ma maison d’hôtes, je lance, avec Nadine Jouanen (de percolab) l’idée d’un tiers lieux, d’un espace de co-working, plutôt que d’attendre un miracle.

Ces espaces permettent, à échelle d’un territoire, de créer un point de connexion entre des micros entrepreneurs, avec d’autres régions et surtout d’autres formes de géographie humaine.

Invitation Co-working aux Jardins 25 Septembre 2014La soirée du 25 a pour objectif de mettre tout le projet à plat en intelligence collective, du fond à la forme, en documentant toutes les étapes.

Leboncoin, ebay, Airbnb, Blablacar… quelques années après l’apparition des réseaux sociaux, les sites de consommation collaborative explosent.

Les réseaux sociaux, qui font encore si peur à certains, agissent comme une sorte de rééducation de réflexes anciens, pas vraiment encore enfouis sous un siècle d’exode rural, d’urbanisation rapide et massives qui ont tout prévu…. sauf les rapports humains… ou presque.

Le concept d’économie partagée, coworking, couchsurfing, crowdfunding et autres shareable sont les premiers mots d’une économie émergeante, une nouvelle révolution industrielle. Ces premiers mots viennent de Califormie, d’écosse, venues de quelques fous qui partagent des légumes comme certains mangeaient des pommes dans un garage avant de fonder Apple, Microsoft, Google…

La grande nouveauté, c’est que ces outils, bien plus que nous donner accès à tout le savoir de l’humanité en moins de 0,7 secondes, nous ont fait prendre conscience que toutes ces informations n’ont de sens que si on le leur en donne un, que chacun peut construire, assembler, réinventer, faire avancer.

C’est sans doute Linus Thorvald, codeur initial de Linux, qui a le plus marqué un tournant, le début de la fin de l’ère industrielle du XXème siècle et ses dérives.

En introduisant a grande échelle le concept d’open source, c’est tout le processus pyramidal de nos sociétés occidentales qui connaissaient leurs premières fissures.

Les conséquences directes de ces changements profonds sont encore invisibles, et pour cause :

Il ne s’agit plus de construire des pyramides de bonnes idées qui finissent en mauvaises, moyennées à chaque étage, saupoudrée d’un peu d’égoïsme individuel. Dès les premiers niveaux, les “heureux élus”, bande de pitres qui ne fait que reproduire un système ayant perdu toute crédibilité mais ayant pourtant assuré son auto-reproduction.

Nos deux derniers présidents ont été élus avec a peine 10 à 11 millions de voix, sur 66 millions d’habitants, et ne sont donc reconnus que part à peine un quart des Français, souvent par défaut, votant parce qu’il faut bien voter, entre la peste et le choléra. Quel sera le prochain tiercé ? Nous le savons tous.

C’est comme cela que l’on construit des centrales nucléaires délirantes, dépassant tous les budgets, les délais… Curieusement, cela ne marche jamais comme prévu !

Mais seuls les Dieux savent construire des pyramides solides, les hommes construisent des babylones… qui finissent par s’effondrer : le concept du “too big to fail” (trop massif pour échouer) connaît ses limites et même l’industrie automobile de détroit s’est effondrée sous son propre poids.

Leboncoin et donnons.org ont réussit sans un sous d’argent public là ou nos gouvernements, éco-emballage et toutes les lettres mortes des “Sommets de la Terre” ont échoué depuis 1972.

Les objets ont plusieurs vies, sont accessibles, du coup, à un bien plus grand nombre, les vêtements s’échangent à des prix qui finissent par être symboliques et entraînent nécessairement des choix de durabilité lors de l’achat initial.

Dès la première revente de l’objet, les chiffres disparaissent de la sacro sainte croissance dont les bilans de santé se suivent et se ressemblent, malgré tout le remue méninge du haut de la pyramide. Une troisième revente sur un autre site, un don sur un autre… et tous les malins qui oublient de payer leur impôts vous expliquent qu’il faut s’endetter pour n’importe quelle raison. Au final, si un produit a 4 vies, ce sont 4 petits morceaux de planète économisée, qui disparaissent pourtant de la “croissance”.

Les outils se louent, se prêtent, sont prétexte à une autre économie, une économie humaine, dont la valeur ajoutée est bien plus élevée.

 

Les exemples sont légions, dans tous les domaines de l’économie mais ils restent invisibles car ils ne visent pas à devenir majoritaires, mais variés au contraire. Les monnaies locales n’ont pas vocation à devenir nationales, elles resterons marginales, mais nombreuses.

Voilà pourquoi cela fera toujours moins la une des journaux que les potins pitoyables de la république.

Voilà pourquoi nous nous lançons, avec Nadine, de percolab, ce projet d’espace commun.

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